Labrecque

Marie-France Labrecque

 

 

Titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtris-e en anthropologie de l’Université Laval, Marie France Labrecque a obtenu son doctorat en anthropologie sociale et culturelle de la City University of New York en 1982. Elle a été professeure au département d’anthropologie pendant plus de trente ans et a été nommée professeure émérite en 2012. Ses nombreux séjours sur le terrain se sont déroulés surtout au Mexique mais également dans les Andes. Ses recherches ont d’abord été axées sur des questions touchant les luttes des classes au sein de la paysannerie mexicaine dans une perspective matérialiste historique; par la suite, son regard s’est progressivement déplacé vers l’examen des conditions des femmes paysannes et autochtones tout en mobilisant une approche d’économie politique féministe. Ces travaux, toujours menés dans la perspective de favoriser la formation des étudiantes et des étudiants sur le terrain, ont résulté en une spécialisation sur la critique du développement international, particulièrement en ce qui concerne l’approche dite de « genre et développement ». Cette spécialisation l’a amenée à participer à des recherches interdisciplinaires appliquées s’appuyant sur des approches participatives dans les domaines de la santé materno-infantile (au Pérou), de la production agricole et d’élevage (en Colombie) ou encore de la sécurité alimentaire (au Mali).

En fait, l’ensemble des travaux réalisés durant les 30 dernières années s’inscrit dans ce que l’on pourrait qualifier d’approches de la mobilité, que ce soit celle des idées (comme dans le cas des consignes internationales d’intégration des femmes au développement ou encore de la transversalisation du genre), celle des capitaux et des marchandises (comme dans le cas du travail des femmes autochtones dans les usines de sous-traitance, soit les maquiladoras) ou encore celle des personnes (comme dans le cas de la migration).

Dans ses recherches en cours, elle s’intéresse aux dynamiques transversales Nord-Sud, que ce soit par la comparaison des féminicides au Mexique et au Canada ou encore en suivant les travailleurs agricoles temporaires mayas du Yucatan qui migrent saisonnièrement vers le Canada pour oeuvrer dans le secteur agricole. Bien qu’à la retraite elle poursuit ses activités à titre de professeure associée dans une perspective féministe et engagée. Elle occupe une place de premier plan au sein de la communauté internationale des mexicanistes et des américanistes et a été professeure invitée dans différentes universités.