CASCA 2027

Université de Victoria, Victoria (Colombie-Britannique)

Sérendipité

19–23 mai 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 15 janvier 2027, 23 h 59 (heure du Pacifique)

Appel à contributions

Nous invitons les participants à la CASCA 2027 à réfléchir à la sérendipité, à ce qui façonne les possibilités génératrices de notre discipline ainsi que de nos vies individuelles et collectives. La sérendipité est intimement liée aux notions de hasard, d’imprévu et d’inattendu dans nos rencontres. Elle émerge des possibilités génératrices, créatives et transformatrices qui apparaissent lorsque l’imprévu donne lieu à un moment de réflexion et de compréhension inattendue. Elle implique de découvrir une chose alors que l’on en cherchait une autre. La sérendipité repose sur la sagacité de la personne qui est en chemin, sur son ouverture aux possibilités et sur sa capacité à trouver les connaissances dont elle a besoin, indépendamment de sa quête initiale. Il y a quelque chose de profondément anthropologique dans ce moment réflexif et générateur qui exige de mobiliser sa propre sagesse pour le reconnaître. Horace Walpole a forgé le terme en 1754 après avoir entendu le conte des Trois Princes de Serendip, mettant ainsi l’accent sur la production de compréhension à travers la combinaison du hasard et du raisonnement judicieux. Nous découvrons certaines choses par hasard, et le moment sérendipiteux survient lorsque nous mobilisons notre sagesse pour en tirer quelque chose, en saisissant des significations plus larges concernant les phénomènes qui nous entourent. Comme dans le conte des Trois Princes, la découverte finale s’éloigne de la quête initiale : la compréhension surgit plutôt qu’elle ne soit activement recherchée.

En anthropologie, une bonne ethnographie repose sur la capacité à tirer des enseignements d’occasions inattendues, parallèlement aux méthodologies planifiées à l’avance. Les détours ou les moments difficiles rencontrés lorsque nous sortons du chemin prévu ou nous éloignons des structures institutionnelles sont souvent ceux qui nous permettent de découvrir les perspectives dont nous avons besoin. L’ouverture à ces détours explique en partie pourquoi les étés consacrés à la recherche, les congés sabbatiques et les courts séjours de terrain peuvent devenir des périodes de découverte. Lors des congrès annuels, la valeur réside souvent dans les rencontres fortuites avec des collègues et dans les liens intellectuels qui se tissent dans les corridors, les halls et les tables rondes informelles. Ces moments réintroduisent une dimension humaine dans nos environnements institutionnels. Revendiquer la sérendipité devient ainsi un exercice de réflexivité, une pratique que l’anthropologie connaît bien. Cela nous amène à réfléchir aux conditions épistémologiques et politiques de l’émergence des savoirs dans le travail ethnographique quotidien. La sérendipité exige une vulnérabilité réceptive; la capacité de la personne qui mène la recherche à se laisser transformer par des rencontres qui viennent perturber les dispositifs scientifiques préalablement établis.

Nous avons trouvé l’inspiration pour réfléchir à cette dynamique en revoyant une scène de Joseph Campbell and the Power of Myth, la série documentaire de la PBS de 1988 qui présente des conversations entre le spécialiste des mythes Joseph Campbell et le journaliste Bill Moyers (un extrait de cette vidéo est disponible ici : youtu.be/Pu5yeULxJac). Dans le milieu universitaire, nous parcourons notre propre version du voyage du héros, à l’image des personnages de l’univers de Star Wars dont discute Campbell, chacun naviguant ses propres égarements et complexités intérieures. Tout au long de notre parcours anthropologique, nous acquérons l’expérience, les connaissances et les capacités nécessaires pour comprendre et affronter les rencontres qui se présentent à nous.

Au début de notre travail de terrain, nous n’avons peut-être pas encore la capacité de saisir ce que les gens nous disent ; leurs paroles peuvent sembler être des non sequitur ou passer inaperçues, sans trouver de résonance en nous. À mesure que nous progressons et acquérons de l’expérience, nous devenons mieux outillés pour ce que nous rencontrons. Dans cette série, Campbell observe que « l’accomplissement du héros est celui auquel il est prêt », ce qui représente une manifestation de son caractère. Il souligne également que « le paysage et les conditions de l’environnement correspondent à la préparation du héros ». Une aventure sérendipiteuse se déploie lorsque nous possédons la maturité nécessaire pour tirer des enseignements de situations inattendues. L’aventure à laquelle nous sommes prêts devient celle que nous recevons.

Cette capacité à être prêt nous permet d’en venir à nous connaître nous-mêmes ainsi que les mondes auxquels nous devenons liés. Campbell explique comment de telles aventures font émerger des qualités de caractère que le voyageur ne connaissait pas auparavant, en citant l’exemple d’un mercenaire pragmatique qui découvre en lui une compassion jusque-là insoupçonnée. En acceptant de nous aventurer vers le « point de bascule » (jumping off place), dans les « espaces périphériques » (outlying spaces) de nos recherches, nous rendons possible la transformation. Lorsque la fortune nous est favorable, ce processus de rencontre avec l’inattendu et d’assimilation des connaissances qui en résultent façonne la manière dont notre travail d’anthropologues transforme la vie des autres.

Cultiver cette vulnérabilité réceptive exige une manière d’être particulière, qui permet aux rencontres sérendipiteuses de se produire. Au-delà d’une simple dépendance aux événements fortuits, trouver la sérendipité dans une vie bien remplie exige de préserver des possibilités ouvertes dans nos interactions. Résister à l’envie de scénariser chaque détail permet de garder ces voies ouvertes. La sérendipité devient ainsi une manière de connaître, une façon de mettre la sagesse en action et une ouverture au monde. Aborder notre pratique comme un parcours qui se déploie transforme le travail de terrain quotidien en quelque chose que Campbell aurait peut-être qualifié d’aventure. Choisir cette voie non balisée peut susciter le scepticisme et une pression à produire des résultats prévisibles. Nous pouvons nous sentir mal à l’aise à l’idée d’affirmer que nous nous engageons dans une aventure sérendipiteuse, une formulation qui peut sembler naïve ou irréfléchie à certaines personnes. La réussite d’une telle aventure dépend du temps et de l’espace que nous nous accordons pour faire émerger des connaissances, lesquelles se manifestent souvent à des moments peu commodes. Nous devons activement créer du temps pour cette pratique de la possibilité, tout en reconnaissant notre position au sein de mondes institutionnellement programmés qui peuvent considérer de telles approches comme insensées. La nature ouverte de la recherche anthropologique entre en tension avec les programmes structurés des organismes de financement néolibéraux et des comités d’éthique institutionnels. Les chercheuses et chercheurs en début de carrière doivent fréquemment composer avec des thèmes de recherche préétablis qui laissent peu de place aux détours exploratoires ou à l’échec, tandis que les chercheuses et chercheurs plus avancés dans leur carrière font face à des calendriers qui rendent difficile la recherche de la sérendipité.

La précarité professionnelle du corps professoral contractuel, des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et des chercheuses et chercheurs indépendants au Canada et ailleurs est exacerbée par les exigences institutionnelles d’une production constante, standardisée et prévisible. Dans les régimes actuels d’audit et d’évaluation, les chercheuses et chercheurs subissent des pressions pour présenter des projets de recherche planifiés et peu risqués, qui excluent les détours exploratoires, l’écriture lente ou les échecs créatifs. Adopter la sérendipité constitue ainsi une critique politique directe de ces cultures universitaires de l’audit.

Envisagée dans une perspective décoloniale, la sérendipité représente également un engagement envers l’humilité épistémique et une volonté de s’éloigner des pratiques de recherche extractives. Elle reconnaît que la collaboration repose sur la volonté de la personne qui mène la recherche de se laisser déstabiliser, réorienter et transformer par l’agentivité des communautés avec lesquelles elle travaille. La possibilité de s’engager dans cette pratique sérendipiteuse est aujourd’hui éphémère pour de nombreuses personnes dans le milieu universitaire, alors que les personnes avec lesquelles nous travaillons, évoluant en dehors de ces pressions institutionnelles, disposent souvent de l’espace nécessaire pour mener des vies sérendipiteuses.

Dans sa discussion sur le « ventre de la baleine » -métaphore d’une descente dans l’obscurité pour affronter l’inconscient -Campbell pose une question qui fait écho à notre réalité universitaire actuelle. Il nous met en garde contre la menace de vivre strictement selon les termes d’un système, en demandant si le système finira par nous dévorer et nous priver de notre humanité, ou si nous pouvons utiliser le système à des fins humaines. Bien que le concept de sérendipité ait parfois nourri la théorie et la méthode anthropologiques, il n’a, à notre connaissance, jamais servi de motif organisateur à un congrès. Placer la sérendipité au cœur de la CASCA 2027 offre un espace pour pratiquer cette vulnérabilité réceptive. Cela nous donne l’occasion de mettre nos rassemblements institutionnels au service de fins humaines, en préservant l’ouverture nécessaire aux rencontres anthropologiques.

Nous invitons les personnes participant à la CASCA 2027 à soumettre des propositions de panels, tables rondes, communications individuelles, affiches, ainsi que d’activités ou d’événements non conventionnels qui abordent la sérendipité et/ou contribuent à la créer. La date limite pour soumettre une proposition par l’intermédiaire de notre site Web est le vendredi 15 janvier 2027.

La rencontre annuelle de la CASCA aura lieu à l’Université de Victoria, située sur les territoires traditionnels des peuples lək̓ʷəŋən, ainsi que des peuples Songhees, Esquimalt et WSÁNEĆ, qui maintiennent depuis longtemps des relations historiques avec ces terres et ces eaux.

Soumission des propositions

Calendrier

  • Octobre 2026 : Lancement de l’appel à contributions.
  • 15 janvier 2027 : Date limite pour soumettre une proposition.
  • 26 février 2027 : Annonce des décisions. Les personnes dont la proposition est acceptée seront invitées à s’inscrire au congrès et à payer les frais d’inscription applicables.
  • 19 mars 2027 : Date limite pour payer les frais d’adhésion à la CASCA et les frais d’inscription au congrès.
  • 16 avril 2027 : Les annulations reçues avant cette date donneront droit au remboursement intégral des frais d’inscription au congrès. Les frais d’adhésion à la CASCA ne sont pas remboursables.
  • 19–23 mai 2027 : Congrès de la CASCA 2027 à l’Université de Victoria.

Règles

Adhésion à la CASCA : Toutes les personnes participant au congrès doivent être membres de la CASCA avant la date limite d’inscription au congrès.

Inscription au congrès : Toutes les personnes participantes doivent s’inscrire au moyen du système d’inscription au congrès et payer les frais d’inscription requis avant la date limite applicable (19 mars 2027) pour figurer au programme.

Inscription tardive : Les personnes qui n’ont pas payé leurs frais d’inscription au congrès ou obtenu une dispense de ces frais avant la date limite applicable ne figureront pas au programme définitif.

Remboursements : Toute annulation ou demande de remboursement doit être communiquée à l’adresse courriel des adhésions de la CASCA (membership@anthropologica.ca) ainsi qu’à la coordination exécutive (cascavictoria2027@gmail.com). Les frais d’adhésion ne sont pas remboursables.

Nombre de contributions : Les personnes participantes peuvent présenter une seule communication au congrès de la CASCA 2027. Il n’y a toutefois aucune limite quant au nombre d’autres rôles qu’une personne peut assumer, par exemple comme discutant·e, président·e de séance, organisateur·rice de panel ou participant·e à une table ronde. Les personnes qui agissent comme discutant·es ou président·es de séance sans présenter de communication doivent soumettre une proposition dans la catégorie « Participation individuelle à une table ronde organisée / Discussion dans un panel » et ajouter un commentaire précisant leur rôle.

Formes de participation

Panel préorganisé

Panels de 90 minutes ou doubles panels (symposiums)

Les panels comprennent de trois à cinq communications, suivies d’une discussion.

Pour les panels préorganisés, la personne responsable de l’organisation doit fournir un résumé de 100 à 150 mots présentant le thème du panel, un titre et une liste des personnes participantes, y compris la présidence de séance et la personne responsable de la discussion, le cas échéant.

Toutes les propositions de communication doivent comprendre un titre, un résumé de 100 à 150 mots et des mots-clés. Le résumé doit inclure les renseignements relatifs aux coauteur·rices, le cas échéant. Dans le cas des panels préorganisés, les personnes présentant une communication doivent également indiquer le titre du panel et le nom de la personne responsable de son organisation.

Table ronde

Les tables rondes durent 90 minutes et portent sur un thème ou une question précise. La personne responsable de leur organisation doit soumettre un titre, un résumé de 100 à 150 mots présentant le thème, une liste d’au moins trois personnes participantes ayant confirmé leur participation ainsi que le nom de la personne qui présidera la séance. La personne responsable de l’organisation peut compter parmi les trois personnes participantes.

Les personnes dont la participation à une table ronde a été confirmée doivent indiquer le titre de la table ronde et le nom de la personne responsable de son organisation, puis suivre la procédure habituelle d’inscription avant la date limite.

Seules les personnes dont la participation a été confirmée, qui se sont inscrites et qui ont soumis leur proposition avant la date limite figureront au programme.

Communication individuelle dans le cadre d’un panel préorganisé

Chaque personne présentant une communication dans le cadre d’un panel préorganisé doit soumettre sa proposition individuelle au moyen du système de soumission et indiquer le titre du panel ainsi que le nom de la personne responsable de son organisation.

Communication individuelle hors d’un panel préorganisé

Les personnes souhaitant soumettre une communication individuelle qui ne fait pas partie d’un panel préorganisé doivent fournir un titre, un résumé de 100 à 150 mots et des mots-clés. Le résumé doit inclure les renseignements relatifs aux coauteur·rices, le cas échéant. Le comité local d’organisation (CLO) regroupera les propositions de communications individuelles en panels selon leur sujet.

Participation individuelle à une table ronde organisée / Discussion dans un panel

Les personnes participantes doivent indiquer à quelle table ronde ou à quel panel elles souhaitent se joindre, en précisant le titre de la table ronde ou du panel ainsi que le nom de la personne responsable de son organisation.

Affiche

Les résumés des propositions d’affiches ne doivent pas dépasser 100 mots. Chaque proposition doit comprendre un titre, un résumé d’au plus 100 mots et des mots-clés.

Les personnes présentant une affiche doivent également avoir complété leur inscription au congrès avant la date limite applicable afin de figurer au programme.

Des prix pour les meilleures affiches seront décernés aux personnes étudiantes.

Atelier

Les propositions d’ateliers doivent être soumises par les personnes responsables de leur organisation et comprendre un titre et une description. Ces personnes doivent préciser, dans leur proposition, les besoins en matière d’espace, de matériel et d’équipement.

Les ateliers sont réservés aux personnes dont la participation au congrès a été confirmée et qui ont payé leurs frais d’inscription.

Films, médias, projets en arts et/ou projets de performance

Pour proposer une contribution faisant appel au cinéma, aux médias, aux pratiques artistiques et/ou à la performance, veuillez soumettre un titre et une description du projet. L’équipe organisatrice communiquera avec vous pour assurer le suivi de votre proposition.

Autres formes de participation au congrès

Si vous souhaitez proposer un autre format de participation à la CASCA 2027, veuillez communiquer avec la coordination du congrès à l’adresse suivante : cascavictoria2027@gmail.com.

Inscription

Les personnes dont la proposition est acceptée seront invitées à s’inscrire et à payer les frais d’inscription après l’annonce des décisions, le 26 février 2027. Les frais d’adhésion et d’inscription doivent être payés au plus tard le 19 mars 2027.

Adhésion

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