Déclaration du Comité de direction de la CASCA : « La liberté académique, l’antisémitisme et le congédiement de Ghassan Hage du Max Planck Institute for Social Anthropology »
Le Comité de direction de la Société canadienne d’anthropologie (CASCA) partage les préoccupations de nombreuses autres sociétés de la discipline, notamment la German Association of Social and Cultural Anthropology (DGSKA), l’Association européenne des anthropologues sociaux (EASA), l’American Anthropological Association (AAA) et l’Australian Anthropological Society (AAS), à l’égard de la lettre de congédiement envoyée récemment à l’anthropologue Ghassan Hage par le président de la Société Max-Planck. Nous sommes particulièrement préoccupés par :
- 1) le fait que le professeur Hage soit officiellement congédié en raison de ses déclarations publiques concernant l’Israël et la Palestine. La lettre laisse entendre que ses déclarations étaient antisémites ou racistes, sans aucune preuve de cette accusation. Nous nous demandons si cette accusation était liée à la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH), adoptée par l’Allemagne en 2017. LA CASCA s’est opposée à celle-ci et aux lignes directrices de l’AIMH. Dans une résolution adoptée en juin 2022, la CASCA a résolu qu’elle « s’oppose à l’approbation et à la mise en œuvre, dans leur forme actuelle, par les gouvernements, les organismes publics et les associations universitaires au Canada, des onze exemples de la définition de l’antisémitisme listés par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste » (https://cascacultureblog.wordpress.com/2022/04/05/resolution-concerning-the-ihra-guidelines-on-antisemitism-resolution-concernant-la-definition-de-lantisemitisme-de-laimh/). Bien que cette déclaration s’adresse plus précisément aux institutions et aux associations canadiennes, elle explique les motifs pour lesquelles nous sommes préoccupés par toute mesure découlant de cette définition et les motifs pour lesquels nous nous y opposons.
- 2) le fait que ce cas illustre une érosion et une remise en cause constantes de la liberté académique dans de nombreux domaines. Le professeur Hage étudie la relation entre le nationalisme, la religion, la race et l’ethnicité depuis des décennies et met à profit son expertise pour tirer des conclusions de ces questions à la fois historiques et contemporaines, ce qui est pratique courante en anthropologie. Il est également habituel de s’adresser non seulement aux cercles universitaires, mais aussi de prendre part au débat public. Les institutions universitaires doivent être des espaces de débat académique et public.
Pas de place pour la transphobie en anthropologie Session retirée du programme de la réunion annuelle