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Anthropologica : Sounding the Alarm Appel à contributions

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Les semis : Appel à contributions II

Seedings est la section d’Anthropologicadédiée à la croissance et à la plantation d’idées stimulées par les appels à contributions récurrents lancés par notre équipe éditoriale. Pour sa deuxième série Seed, Anthropologica est à la recherche de contributions émergentes, spontanées, créatives, multimodales, opportunes et fondées sur l’ethnographie, sur le thème suivant :

Tirer la sonnette d’alarme

https://cas-sca.journals.uvic.ca/index.php/anthropologica/cfp

Une alarme désigne un bruit, un signal, une action qui annonce la présence d’un danger ou d’une menace ou qui sert à réveiller une personne, de son sommeil ou, peut-être, de son apathie. Les alarmes servent d’impulsion à l’action et au mouvement. Tirer la sonnette d’alarme peut encourager les gens à s’exprimer, à prendre position et à agir. Elle peut également contraindre certains à s’échapper et à trouver des moyens de survivre, et d’autres à faire preuve de solidarité à leur égard. Tirer la sonnette d’alarme ne laisse généralement pas indifférent, elle stimule la réflexion ainsi que les actions et peut inviter les gens à se soucier des autres et à faire preuve d’empathie. L’alarmisme peut provoquer l’émergence de nouvelles façons de penser et d’être au monde. Elle peut également inciter les gens à devenir des activistes et à se révolter. Qu’est-ce que les alarmes génèrent (ou non), comment les gens réagissent-ils, s’organisent-ils et se mobilisent-ils ? Ou au contraire, les messages d’alarme contraignent-ils et paralysent-ils ? Tirer la sonnette d’alarme évoque également le moment contemporain de désinformation et d’alarmisme. Il attire ainsi notre attention sur le risque permanent d’alarmisme et sur la possibilité de dénonciation.

C’est pourquoi les signaux d’alarme sont nombreux ; ils agissent comme des “réveils” continus. Comment les gens réagissent-ils, comment se rassemblent-ils et s’organisent-ils ? Comment font-ils face à ces signes de crise ? Et comment les facteurs liés à la race, au sexe, à la classe sociale et à l’âge influencent-ils la manière dont les gens réagissent et font face aux alarmes[1]? À qui ? Et dans quel but ? Par ailleurs, quelles sont les stratégies et les plateformes de communication utilisées pour faire passer le message ?

Tirer la sonnette d’alarme : les exemples abondent. Par exemple (et les soumissions ne doivent pas se limiter à ces cas) :

Crise climatique. L’été 2023 a été officiellement déclaré comme le plus chaud jamais enregistré. Des millions de personnes dans le monde ont souffert des vagues de chaleur extrême. Au Canada, la saison des incendies de 2023 a été la plus destructrice jamais enregistrée, “comme aucune autre année, par une marge stupéfiante”[2], avec plus de 6 500 incendies de forêt signalés au début du mois de septembre. Mais le Canada n’est pas le seul pays à afficher ces chiffres terrifiants. Des incendies sans précédent dans l’hémisphère nord ont détruit des millions d’hectares de forêts boréales, notamment en Russie, en Grèce, au Portugal et à Maui, à Hawaï. Les incendies de forêt sont désormais considérés comme un événement annuel calamiteux que les gouvernements, les populations et les survivants anticipent et finissent par combattre. Pourtant, les incendies de forêt sont une preuve évidente – une sonnette d’alarme – que le monde change rapidement et radicalement.

Guerres et conflits violents. Les attaques meurtrières coordonnées en Israël menées par le groupe militant islamiste Hamas le 7 octobre 2023 ont entraîné une riposte militaire dans la bande de Gaza. Des millions de personnes se rassemblent dans diverses villes du monde pour soutenir le cessez-le-feu. Des ponts et des alliances entre communautés se construisent pendant ces périodes difficiles, d’autres sont anéantis et impossibles à réconcilier. En ce qui concerne la violence et les guerres dans le monde, les rapports[3] montrent que nous assistons à une augmentation historique des conflits mondiaux, avec des guerres meurtrières, plus particulièrement en Ukraine et en Éthiopie. Ces conflits ont des répercussions partout dans le monde et les médias relaient l’information dans nos mains en faisant défiler notre application préférée.

Sécurité sanitaire. La pandémie de COVID-19 a démontré que l’homme peut être affecté par de grandes vagues de corps invisibles et nocifs qui pénètrent dans nos poumons. Des dispositifs et des infrastructures d’urgence ont été mis en place pour répondre à cette épidémie d’ampleur mondiale. Pourtant, les virus existent toujours et leur présence, ainsi que la crainte de leurs effets à long terme, ont un impact sur la vie de nombreuses personnes. COVID-19 a changé le monde. Pourtant, ce n’est pas la seule pandémie à avoir causé des pertes humaines importantes : le virus Ebola qui a sévi en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016 en est un exemple.

Pour cet appel à contributions Seedings, nous recherchons des contributions innovantes, fondées sur l’ethnographie, qui apportent un éclairage sur les dimensions sociales, matérielles et culturelles du thème “Tirer la sonnette d’alarme”, à partir d’un certain nombre d’approches. Nous invitons les auteurs à réfléchir aux actions qui consistent à tirer la sonnette d’alarme et à la manière dont les gens font face et réagissent aux signaux d’alerte. Notre appel invite à des engagements ethnographiques avec l’action de sonner l’alarme, comprise dans un sens concret et/ou métaphorique. Les recherches ethnographiques sur lesquelles se fondent les candidatures peuvent être provisoires, à petite échelle et émergentes. Nous pensons que les anthropologues ont beaucoup à offrir en matière d’analyse, de documentation, de conservation et d’expression créative sur la façon dont les humains et les non-humains tirent la sonnette d’alarme et sur la façon dont ils y font face.

Nous encourageons les soumissions plus courtes que les articles complets, idéalement de 4 000 à 5 000 mots, bien que nous puissions également accepter des soumissions de 8 000 mots. Nous encourageons toutes les formes d’ethnographie, y compris les essais photographiques, l’ethnographie graphique, la poésie ethnographique et la fiction ethnographique. Les soumissions feront l’objet d’une évaluation anonyme par les pairs. Nous encourageons les contributions des chercheurs noirs, indigènes et de couleur. Anthropologica est une revue bilingue et nous acceptons les contributions en français ou en anglais.

Nous souhaitons publier cet ensemble d’articles dans notre numéro de l’automne 2024. La date limite de soumission en ligne sur notre site web est fixée au 1er mars 2024. N’hésitez pas à interroger l’équipe éditoriale sur votre idée avant de la soumettre.