«Faire du pays de Dieu : une approche phénoménologique du christianisme parmi les Sediq-Truku de Taïwan» dans Les peuples autochtones contemporains de Taïwan
· Culture, Vol. 16, No. 2· Cultureblog· Livres en bref
«Faire le pays de Dieu : une approche phénoménologique du christianisme chez les Sediq‑Truku de Taïwan» dans Peuples autochtones contemporains de Taïwan, dirigé par Chia‑yuan Huang, Daniel Davies, Dafydd Fell
Scott Simon
Routledge, 2022
https://www.routledge.com/Taiwans-Contemporary-Indigenous-Peoples/Huang-Davies-Fell/p/book/9780367553579

La religion fait partie intégrante du Taïwan autochtone. La présence d’églises plutôt que de temples bouddhistes ou taoïstes est généralement le premier signe visible que l’on est entré dans un village autochtone. Les peuples Sediq et Truku, faisant partie de la vaste famille pan-atayalique, avaient autrefois une religion ancrée territorialement fondée sur des idées de droit coutumier (Gaya), d’esprits ancestraux (utux) et de communauté politique clanique (alang). Ils disposaient de riches pratiques narratives et rituelles pour le « devenir » des relations entre les vivants et les morts ainsi qu’entre les humains et les non-humains. Parmi ces pratiques rituelles figurait la pratique, fortement décriée, de la chasse aux têtes. À partir des années 1930 et de façon accélérée dans les années 1950, ils ont connu une conversion massive au christianisme. La plupart des Sediq et des Truku appartiennent désormais, de manières qui recoupent largement les lignes claniques, à l’Église presbytérienne, à l’Église catholique romaine ou à l’Église du Vrai Jésus (pentecôtiste). Une approche phénoménologique de la religion comme pratiques incarnées orientant les personnes dans le temps et l’espace révèle des similitudes ainsi que des ruptures entre les anciens et les nouveaux mondes de vie. Construire des églises et se joindre aux autres dans les activités des congrégations sont devenus des moyens importants de bâtir des communautés et d’affirmer des identités. Les Sediq et les Truku – ainsi que probablement tous les groupes autochtones de Taïwan – ont peut‑être adopté une religion étrangère, mais ils l’ont fait à leur manière et selon leurs propres conditions.
Scott Simon , est un socio-anthropologue formé dans les deux disciplines (anthropologie et sociologie). Co-titulaire de la Chaire d’études taïwanaises à l’Université d’Ottawa, il a vécu à Taïwan pendant dix ans et y revient chaque année pour des recherches de terrain. Il a également mené des recherches de terrain au Japon et à Guam. Ses domaines de recherche incluent les droits des peuples autochtones, le développement, la contribution de Taïwan à l’Indo‑Pacifique, le statut international de Taïwan et les relations Canada‑Taïwan. Il a écrit trois livres et de nombreux articles sur Taïwan. Il mène des recherches orientées vers les politiques publiques en tant que membre du Centre for International Policy Studies et du Human Rights Research and Education Centre de l’Université d’Ottawa, et en tant que Senior Fellow à l’Institute Macdonald‑Laurier d’Ottawa.
