CASCA-Cuba et comparaison des lieux d'art japonais avec Fusterlandia en tant que lieu d'art cubain
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Par Millie Creighton, Université de la Colombie-Britannique
En plus d'offrir une excellente participation à la conférence et une occasion de réseautage académique, pour beaucoup d'entre nous la conférence CASCA-Cuba tenue à Santiago de Cuba en mai 2018 a offert l'occasion d'approfondir notre connaissance de Cuba ou d'enrichir les comparaisons avec des recherches en cours dans d'autres régions du monde. Pour ceux d'entre nous entrant ou quittant Cuba via La Havane, il y avait au moins une brève chance de voir l'architecture urbaine de la ville, la pléthore de voitures encore en circulation des années 1950 associées à La Havane, de faire un tour en « co-co cab » (ces petites cabs « mignonnes » de couleur jaune vif à oranger doré qui ressemblent à des noix de coco), ou d'aller au bar La Floridita, où l'on pense que le daiquiri a été inventé, et éventuellement de prendre un daiquiri en étant assis à côté de la statue en bronze d'Ernest Hemingway — comme le font beaucoup de touristes — au bar qu'il fréquentait souvent, dit-on (un engagement lié à la recherche sur le tourisme littéraire).
Pour ma part, quitter Cuba via l'aéroport de La Havane m'a permis de visiter un lieu en périphérie de La Havane connu sous le nom de Fusterlandia, nommé d'après l'artiste cubain Josef Fuster. Fusterlandia comprend plusieurs rues d'œuvres d'art : des bâtiments entiers, des trottoirs, des façades et des intérieurs, principalement conçus et décorés dans un style mosaïque dans la ville côtière de Jaimanitas, juste à l'ouest de La Havane. Fuster a dédié la zone en hommage à Antoni Gaudi et l'on ressent une atmosphère similaire en voyant les œuvres ou en parcourant les immenses installations artistiques. Cette visite a été particulièrement bénéfique pour moi car j'étudie depuis quelques années les « lieux artistiques au Japon » dans le cadre de mes travaux, et la façon dont de telles installations artistiques à grande échelle sont utilisées dans des zones périphériques au Japon (nombreuses également dans des villes situées sur des voies navigables reliant les îles japonaises), et comment des quartiers entiers ou de vastes secteurs sont repositionnés et représentés comme des projets artistiques, souvent pour renforcer le tourisme et générer de nouvelles formes de revenus économiques dans des zones auparavant bien peuplées mais ayant connu une sévère dépopulation ces dernières décennies. Dans les deux cas, l'engagement avec l'art, et parfois avec l'environnement naturel (comme les zones de Fusterlandia le long du front de mer, tout comme le long des côtes japonaises) a été enrichissant, et sensibilise aussi les gens à la manière dont l'art peut être combiné avec des incitations visant à la recherche d'un meilleur équilibre écologique, et à la revalorisation de la communauté, du lieu et de l'identité.
Fusterlandia, en tant que lieu artistique à Cuba, comporte des complexes à grande échelle réalisés en mosaïques et en carreaux que l'on peut parcourir et avec lesquels on peut interagir. Cette image montre l'entrée et la sortie d'un tel complexe ainsi que des vues des œuvres sur les bâtiments du quartier à l'extérieur du complexe.

(Photo de Millie Creighton)
En tant que lieu d'art en plein air à Cuba, Fusterlandia présente des blocs d'œuvres le long des rues et des trottoirs et couvrant des bâtiments, ainsi que des fresques le long du littoral de la ville côtière de Jaimanitas. Cette image montre comment une œuvre orne l'un des bâtiments de la zone, et une bordure en mosaïque artistique pour les maisons ou commerces du quartier.

(Photo de Millie Creighton)
Millie Creighton a également publié un compte rendu de la conférence CASCA-Cuba dans le bulletin de l'Association d'études japonaises du Canada, disponible ici :
http://buna.yorku.ca/jsac/newsletter/jsac_newsletter_spring_2018.pdf
