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Covid-19 et les inégalités de genre dans le milieu universitaire

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La Canadian Anthropology Society/Société canadienne d’anthropologie reconnaît les répercussions disproportionnées de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) subies par les membres de notre communauté qui souffrent déjà le plus des inégalités existantes dans le milieu universitaire. La transition rapide vers l'enseignement en ligne et la perte d'accès aux opportunités et aux lieux de recherche, ainsi que le financement associé, ont causé un stress important pour plusieurs d'entre nous. Cela est particulièrement vrai pour les chercheurs en début de carrière, les personnes en emploi précaire et les membres de groupes sous‑représentés. Des changements bien documentés dans la répartition du travail domestique, de la garde d'enfants, de la prise en charge des personnes âgées et d'autres responsabilités ont souvent réduit de manière importante le temps disponible pour certains membres, en particulier les femmes, pour mener des travaux académiques (Malisch et al. 2020). Cette situation se traduit par des rapports faisant état d'une baisse de la publication chez les femmes (Flaherty 2020 ; Viglione 2020). Ce n'est qu'un exemple de la façon dont la COVID-19 peut exacerber les privilèges et les inégalités existants dans le milieu universitaire. Nous craignons que les femmes et d'autres personnes soient désormais confrontées à des formes supplémentaires d'oppression systémique et/ou de marginalisation, et assument un lourd fardeau en raison de la COVID-19. Nous reconnaissons que ce travail et ce stress supplémentaires pourraient affecter négativement l'évaluation de leur mérite, ainsi que les processus et les résultats relatifs à la titularisation et à la promotion. Pour cette raison, nous encourageons les comités à tenir compte des impacts bien réels et inégaux de la COVID-19 sur l'avancement de carrière des femmes dans l'enseignement supérieur, en particulier en ce qui concerne les identités intersectionnelles et les obstacles structurels et biais connus en matière de progression de carrière. Nous recommandons aux membres des comités de revoir les critères de titularisation et de promotion de leur département et/ou de leur faculté, en consultant des recommandations et des exemples de réponses concrètes de soutien à la pandémie (p. ex. Malisch et al. 2020), alors qu'ils continuent de travailler en faveur de l'équité et de la diversité sur leur lieu de travail. Nous encourageons la recherche de solutions créatives pour soutenir les membres de la communauté pendant cette période et pour alléger les responsabilités non urgentes lorsque cela est possible. Reconnaître le contexte et le dynamisme des cultures et des communautés est essentiel à notre recherche et à notre enseignement, et nos membres méritent les mêmes considérations.

Citations

Amano-Patiño, N., E. Faraglia, C. Giannitsarou, Z. Hasna. 2020. Qui mène de nouvelles recherches à l'époque de la COVID-19 ? Pas les économistes femmes. https://voxeu.org/article/who-doing-newresearch-time-covid-19-not-female-economists.

Flaherty, C. 2020. Pas de chambre à soi. (21 avril 2020). https://www.insidehighered.com/news/2020/04/21/early-journal-submission-data-suggestcovid-19-tanking-womens-research-productivity.

Malisch, J.L., Harris, B.N., Sherrer, S.M., Lewis, K.A., Shepherd, S.L., McCarthy, P.C., Spott, J.L., Karam, E.P., Moustaid-Moussa, N., Calarco, J.M. and Ramalingam, L., 2020. Opinion : À la suite de la COVID-19, le milieu universitaire a besoin de nouvelles solutions pour garantir l'équité entre les sexes. Proceedings of the National Academy of Sciences, 117(27), pp.15378-15381.

Viglione, G., 2020. Les femmes publient-elles moins pendant la pandémie ? Voici ce que disent les données. Nature, 581(7809), pp.365-366.

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